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+ de médailles olympiques = une jeunesse en bonne santé
Outre être un homme de culture donc , un homme de sport bien sûr, et un homme d’affaire (Administrateur Délégué et Président du Comité de Direction du Groupe Delhaize depuis le 1er janvier 1999, et Chief Executive Officer de Delhaize America depuis Septembre 2002) [1], Mr Beckers est également un homme de responsabilité. puisque lui et le COIB ont décidé de tirer la sonnette d’alarme sur la qualité des performances de nos jeunes en Belgique :
« Il ne faut pas que les formidables médailles que nous avons gagnées ne soient l’arbre qui cache la forêt ... Nous ne sommes qu’à 40% de nos objetifs ». Sans toutefois expliquer de qui c’était l’objectif ... Puis plus tard : « L’obésité chez les jeunes est en train de devenir un véritable problème qui va entraîner des problèmes médicaux très important à l’avenir et je crois que là, il faut absolument prendre conscience du problème auquel nous faisons face » [2].
Je me suis donc naturellement tourné vers le site officiel du CIO (comité international olympique, c’est la maison mère) pour découvrir quel est cet idéal olympique du jeune en bonne santé vers lequel, Mr Beckers l’appelle de ses voeux, doivent tendre main dans la main, porte-feuille dans porte-feuille, les pouvoirs publics concernés et le COIB.
L’idéal olympique, un super-consommateur obèse
À peine arrivé sur l’olympique site, voici la page des sponsors [3], classés en plusieurs catégories selon leur importance, depuis les « Partenaires olympiques internationaux », en passant par les « Partenaires de Beijing 2008 », les simples « Sponsors », les « Fournisseurs exclusifs », et pour finir, les vulgaires « Fournisseurs ».
Les « Partenaires olympiques internationaux » sont donc les partenaires VIP du CIO. Les voici : Coca-Cola, Atos Origin, GE, Johnson- Johnson, Kodak, Lenovo, Manulife, Mc-Donald, Omega, Panasonic, Samsung, Visa.
Ça alors ! Coca et Mc-Do, les icônes de la mal-bouffe !
Si l’on comprend donc bien, le modèle olympique du jeune est gros consommateur. Il passe sa journée devant des écrans de télévision et d’ordinateurs à avaler des publicités en bouffant des chips et des hamburger agrémentés de Coca. En parcourant les autres sponsors, on peut compléter le tableau. Il se fringue chez Adidas, aime les voitures, prend souvent l’avion, téléphone beaucoup, grignote des Snickers, éteind son ordinateur en cliquant "Démarrer" dans Microsoft Windows, etc.
En un mot, l’idéal olympique, c’est le super-consommateur obèse.
Une élite sportive pour donner des jeux aux obèses
Répondant aux questions des auditeurs, Pierre-Olivier Beckers, affirme plus loin, en abrégé, que le COIB est occupé prioritairement par le « sport de haut-niveau », que le « sport pour tous » a besoin de continuer à s’améliorer mais que ça passe par le financement du « sport de haut-niveau ».
Deux jours plus tôt, c’est le chef des armées olympiennes, lui-même, Jacques Rogge, qui lançait l’offensive par presse interposée. Ici sous le titre « Jacques Rogge tacle le sport belge » dans le Soir du 23 août 2008 : « Le président du CIO a ensuite émis de sérieux doutes sur la politique sportive en vigueur dans notre pays. Il a aussi indiqué que le financement du sport en Belgique était largement insuffisant » [4].
Et ça marche ! Les démagogues se ruent sur l’affaire comme les mouche sur la crotte. Le 24 août 2008, le Soir écrit, citant le socialiste Michel Daerden à Pékin :
« Le ministre communautaire a ainsi annoncé qu’il allait mettre en oeuvre, dès son retour, les projets des quatre centres pour les sportifs de haut-niveau » [5].
Le 26/08/2008 le, lui aussi socialiste, ministre francophone de la Jeunesse, Marc Tarabella, pousse le bouchon un tout petit peu plus loin, en déclarant, toujours dans Le Soir, je cite l’article :
"Les savoirs de base (lire, écrire et calculer) doivent être renforcés. Mais dans toute la panoplie des autres cours, il y a moyen de faire des choix au profit du sport", suggère-t-il, évoquant notamment la suppression des cours philosophiques. "Ces cours relèvent du domaine privé et devraient dès lors être dispensés en dehors de l’école", a-t-il déclaré ... [6].
En voilà des beaux projets !
Quels objectifs pour Londres 2012 ?
Pourquoi alors ne pas organiser un référendum sur le sujet ? On demanderait directement aux obèses belges combien de médailles ils souhaitent obtenir aux prochains jeux de Londres en 2012. On fait une moyenne et on mise tout là-dessus.
Si par exemple, c’est le chiffre 18 qui l’emporte, on met les moyens qu’il faut pour atteindre l’objectif, passer de 2 à 18 médailles pour les JO de Londres. On démantèle l’enseignement et la sécurité sociale (qui relèvent du domaine privé comme dirait l’autre) et on finance des centres pour élites sportives avec l’argent économisé (plus l’argent des hamburgers et des cocas vendus).
Si par contre, comme je le souhaite, c’est le chiffre 0 qui l’emporte, c’est à dire le « Non merci, nous avons déjà donné, nous ne souhaitons plus participer », on retire tous les financements publics versés à ces usines à médaillés, la RTBF de service public cesse de payer des droits de retransmission à ces publicités déguisées en pseudo-événements ©ulturels ou $portifs et on refinance l’enseignement pour tous avec l’argent économisé (plus les économies en soins de santé réalisées sur les hamburgers non bouffés et les cocas non bus).
A lire sur le sujet : Cinq vérités dérangeantes sur les Jeux Olympiques et le sport « moderne.
[1] http://www.delhaizegroup.com/divclassdg_MenuText_YellowMEDIAdiv/Biographies/ExecutiveCommittee/tabid/119/language/fr-fr/Default.aspx
[2] L’entretien en podcast : http://podaudio.rtbf.be/pod/LP-MAP-INV_Invite_Matin_Premiere_-_25-8-2008__5957083.mp3 http://podaudio.rtbf.be/pod/LP-MAP-QP_Questions_Publiques_25-8-2008__Pie_5957253.mp3
[3] http://fr.beijing2008.cn/bocog/sponsors/sponsors/
[4] http://www.lesoir.be/dossiers/pekin_2008/article_630788.shtml
[5] http://www.lesoir.be/dossiers/pekin_2008/article_631156.shtml
[6] http://www.lesoir.be/actualite/belgique/moins-de-cours-et-plus-de-2008-08-26-631606.shtml
